L’Huître Mollusque issue de la Préhistoire était déjà consommée
            dans l’Antiquité par les Romains
.

 
A la Fête de l'huître de Bretagne en août

Les bancs naturels d’huîtres plates,  jadis nombreux à l'embouchure de  la Rivière d’Auray s’épuisèrent   petit à petit  vers le milieu du  XIX° siècle et Napoléon III  chargea alors Coste, un scientifique  de  développer la culture de l’huître dans la région.
         Ainsi, l’ostréiculture s'installa  à LOCMARIAQUER et  fut durant  de nombreuses années l’industrie  principale de la commune.

          
Vers 1970, une série de parasites s’abattit sur l’huître plate, contraignant  les ostréiculteurs à importer du naissain  japonais (la gigas) et à se lancer dans une nouvelle aventure..

Élevée dans la Baie de Quiberon ou sur les  parcs du Golfe du Morbihan 
et vendue sous l’appellation "Huître Creuse"
la Gigas a su acquérir une 
saveur spécifique.

 Quant à
l’huître plate, elle revient progressivement après des années noires.
    Aujourd’hui à Locmariaquer,21 entreprises ostréicoles produisent
                          chaque année environ
3000 tonnes d’huîtres.
 
 
 D'après  le journal Ouest France: article paru fin décembre 2016

La rivière est devenue berceau de l'huître plate
À l'approche des fêtes de fin d'année, le monde ostréicole est en pleine effervescence.
 Mais depuis combien de temps mange-t-on des huîtres plates, les « ostrea edulis » ?

L'histoire
Depuis des siècles, on a retrouvé des coquilles d'huîtres dans des grottes datant de la Préhistoire
. Dans la Grèce antique on lui attribue des vertus aphrodisiaques et dans la Cité,
 sa coquille plate sert de bulletin de vote.
 Ce serait les Romains qui l'auraient développée sur les côtes françaises.
 Ils l'appelaient « callibléphares », c'est-à-dire « belles paupières » en référence aux bords de sa coquille.
 Et les dégustaient lors de leur festin.

Un repas de pauvre
Au moyen âge, l'huître est un repas de pauvre pour la population côtière.
 C'est Louis XVI qui demanda que l'huître plate dite « ostrea edulis » soit sur toutes les tables, et Vatel, le cuisinier du roi, se serait suicidé à cause d'une bourriche qui n'était pas arrivée à temps pour le dîner de Sa Majesté.
 Elles prospéraient dans des abris naturels comme l'entrée des rivières.
 Et celle de Crac'h possédait, dès le XVIIe siècle, de très beaux bancs d'huîtres plates sauvages.
 Ces bancs naturels étaient dragués par les marins mais cette ressource finit par s'épuiser, à force de racler le fond.

Apparition de l'ostréiculture
Au XIXe siècle, Napoléon III soumet la récolte des huîtres à l'obligation d'une concession :
 c'est l'apparition de l'ostréiculture.
Pour reconstituer les bancs naturels d'huîtres, il fait importer des huîtres d'autres pays dont
la « portugaise ».
 En 1856, la première concession est établie à Locmariaquer :
 la commune devient alors le berceau de l'huître plate
.

Première maladie
En 1920, une première maladie vient frapper la production.
 De 1919 à 1926 le nombre de naissain sur une tuile va passer de 20 à 0,6 en rivière d'Auray (selon l'étude économique et sociale d l'huître du Morbihan, écrit en 1948 par Pierre Dalido). Mais quelques naissains subsistent et l'État accorde une subvention d'un million de francs au syndicat qui va acheter des semis en Angleterre.
 Ils seront semés dans les rivières de Crac'h, Auray et de Pénerf en 1924 et 1925.
 La quantité de production remonte en 1927
 mais en 1931 c'est une plante marine qui infeste les plates.
 Il faudra attendre 1935 pour voir une forte natalité.

133 entreprises en 1970
Vers les années 1960, les gisements en baie de Quiberon retrouvent une prospérité suite à la mise en exploitation de concession.
 Le naissain de plates est capté en amont des rivières d'Auray, de Crac'h, et de Saint-Philibert. Mais deux épidémies déciment les élevages en quelques années.
 Pourtant, l'huître plate va faire de la résistance et avec le savoir-faire des ostréiculteurs de Bretagne sud, la renaissance de celle-ci va faire de la baie de Quiberon et
des rivières attenantes, le berceau de l'huître plate.
 En 1970, pas moins de 133 entreprises ostréicoles se partagent les rives des rivières de Crac'h, Saint-Philibert et La Trinité-sur-Mer.

Drame des années 80
La maladie frappe à nouveau en 1981 avec le Bonamia.
 On compte 400 chantiers entre Plouharnel et Locmariaquer, en baie de Quiberon et dans les rivières avoisinantes, ils représentent le coeur de l'élevage de la plate.
 Cette épidémie va considérablement affecter la profession.
 Pourtant dans les années 2000 la plate va résister, la production sera faible,
 entre 1 000 et 2 000 tonnes uniquement localisées en Bretagne.
 Des nouvelles techniques comme le télécaptage commencent à présager des jours meilleurs.

Prospérité
En 2012, 1 100 tonnes ont été produites dans toute la Bretagne dont environ 500 dans la Baie de Quiberon qui reste avec la Rade de Brest les centres de captages principaux,
 chiffre donné par le Centre Régional de Conchyculture de Bretagne Sud.
a quantité n'est pas encore au rendez-vous mais la qualité est supérieure.
 La prise de conscience des éleveurs et producteurs pour la sauvegarde des huîtres plates a permis aux bancs naturels de continuer à prospérer.


Un petit rappel historique
D'après  un article du journal Ouest France  du   2.02.2017   
De Pascale Parthiot-Prost

La famille Percevault, ostréicultrice depuis 1874

C'est une véritable saga familiale qui se déroule à Kérinis depuis près de 150 ans.
 Henri, le fondateur, a même créé le syndicat ostréicole du bassin d'Auray.
L'histoire
C'est en 1874 qu'Henri Percevault fonde sa société ostréicole civile et familiale à Kérinis,
 hameau de Locmariaquer, avec quatre autres personnes.
 En 1886, il reprend la société seul et va se battre pour fonder le Syndicat ostréicole du bassin d'Auray (Soba).
 Il en sera le président jusqu'en 1920, pour défendre les intérêts des ostréiculteurs.
À cette époque le salaire moyen est de 1,50 franc par jour pour un homme et 1 franc pour une femme.

Tout est fait à la main
Avant de délimiter les parcs, il faut durcir les sols qui sont vaseux.
 C'est le macadamisage, un travail pénible. Tout est fait à la main, le ramassage de l'huître,
 la préparation des tuiles, la pose au sol, le lavage dans des paniers, le triage et la pesée.
 Au fil des années, la mécanisation fait son apparition par le biais du machinisme agricole.


En haut,( service archives mairie de Locmariaquer),  le ramassage des huîtres au râteau dans les années 1900 à Locmariaquer.
 De gauche à droite, le dragage à bord du bateau d'Hervé Percevault par moins 4 degrés.
 Les tuiles qui étaient utilisées pour le captage des naissains, le sont aujourd'hui pour boucher les trous et remblayer les parcs.
 Le calibrage est rapide sur des tapis ; tout est informatisé et surveillé.

Une société familiale
Pour sauvergarder son métier, le fils d'Henri Percevault, Alain (1919-1963) reprend l'activité de son père et s'engage dans la vie syndicale.
À sa mort, sa femme Marguerite va porter la société familiale, avec ses enfants, jusqu'en 1980.
En 1944, leur fils Maurice se marie avec Geneviève Le Rouzic, une fille d'ostréiculteur.
 En 1947, ils s'installent près de Tréguier où ils élèveront les huîtres plates du Morbihan.
Eux aussi subiront la mortalité des huîtres due au bonamia.
 Leur fils Henry va racheter la société à Locmariaquer en 1980 et, après son décès en 1986,
sa femme Marylène gardera l'entreprise jusqu'en 2001.
Hervé et Henri, leurs deux enfants reprennent le flambeau.

Les femmes aussi
Dans ce métier les femmes ont aussi leurs places.
 « Ma grand-mère, ma mère et maintenant ma femme, Laëtitia,
ont toujours été des femmes de passion pour le métier.
Les femmes faisaient et font partie du monde de l'ostréiculture »,
déclare Hervé.
 Même si des manoeuvres et gestes sont immuables,
 la modernisation va apporter des soulagements comme le chariot télescopique, la trieuse,
 les bateaux munis de bras de levage, la calibreuse
, les poches avec des trous de différents diamètres en fonction de la taille de l'huître et
un prototype de machine à secouer les poches est en essai.

400 ouvriers
En 2011, une trentaine d'exploitations ostréicoles existaient entre Locmariaquer et Saint-Philibert.
 Ils employaient 350 à 400 personnes, plus en emploi saisonnier d'octobre à mai.
 Les opérations n'ont pas changé.
 Le captage « uniquement pour la plate dans le Morbihan, pour la creuse, se fait en Charente-Maritime ou dans le bassin d'Arcachon », précise Hervé.

Difficulté psychologique
Chaque huître passe au cours de sa vie au moins 10 fois dans la main de l'ouvrier.
 Les vêtements ont changé, les embarcations sont plus grandes,
 les trieuses et calibreuses sont automatisées, mais les conditions climatiques sont les mêmes.
 « Le métier est plus professionnel, plus facile physiquement, mais plus difficile psychologiquement. Nous sommes confrontés aux aléas climatiques, à la qualité de l'eau et
des mortalités qui persistent chez les huîtres »,
déclare Hervé Percevault.

La relève assurée
Le descendant d'Henri son trisaïeul, continue à aller sur les parcs,
 relever les poches par une matinée à moins 4 degrés,
 transvaser les « précieuses » dans des casiers, nettoyer, trier et préparer les parcs...
 Il emploie 8 personnes dont son frère Henri.
 La relève sera peut-être assurée par sa cadette Agathe qui, à 10 ans, s'intéresse au métier, a un jour dit à son père :
 « C'est obligé que je reprenne la suite, je veux faire les huîtres et aller sur les parcs. »

et de Napoléon à nos jours...

Napoléon III s'est intéressé aux gisements d'huîtres dans la région...
Le ramassage, la cueillette ou la pêche de l'huître est courant depuis des centaines d'années.
 Puis le dragage avec la venue des bateaux, va avoir des effets dévastateurs.
 Cette drague, ou chausse, est un filet qui est fait de cuir de boeuf.
Napoléon III charge Gustave Coste membre de l'Académie des sciences
 spécialiste de l'embryogénie et de la pisciculture, d'étudier la production des gisements naturels d'huîtres.

Ce qui va susciter des curiosités auprès des notables et principalement des médecins
qui viendront s'installer dans la région.
 Le docteur Gressy pose les premières tuiles à Cuhan à Carnac en 1865.

L'ostréiculture est implantée localement à la fin du XIXe siècle.
 Plusieurs familles vont suivre l'aventure dont la famille Percevault, de Locmariaquer,
 Martin de Kergurioné, Ernest Ezanno et le Baron de Wolbock.

La recherche sur la fixation des naissains sur des supports (le captage) va demander quelques années.

C'est en 1868 que M. Leroux a l'idée de faire des trous dans les tuiles et enfila, 2 à 2 par bouquets de 12 et
fixe chaque bouquet sur un piquet enfoncé dans la vase.

En 1883 le chaulage commença (plonger la tuile dans un mélange de chaux)
 pour faciliter le détroquage (décoller les petites huîtres de leurs supports).

Le nombre de concession dans le Morbihan passe de 340 en 1876 à 708 en 1882.

À cette époque, l'essor des bassins et parcs est considérable,
 surtout dans la rivière de La Trinité et de Crac'h, 280 concessions dont 35 % de parc à captage
, le tout sur 104 ha avec près de 40 millions de tuiles sur les parcs chaque année.

A savoir:    

 Le contact  avec les ostréiculteurs de Locmariaquer      
 
  A la fin du mois d'août : LA FETE DE L'HUITRE

     

 

Extrait de l'ouvrage d'Eleanor Clark:
"
Les huîtres de Locmariaquer " (Lire en bibliographie)
La dernière phrase: "Huître bienfaisante, agréable au goût, bonne pour l'estomac
et pour l'âme, accorde nous la bénédiction de ton mystère éternel !
"

Et si vous avez des difficultés à ouvrir les " Perles du Golfe et de l'Océan"
 ou des huîtres d'autres régions
Consultez notre proposition: l'ouv'huître:
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Ouvrir soi-même ses huîtres ,un vrai facilité!"