Claude Simon :le dernier sabotier du Morbihan

Une visite au " Sabotier  de Camors "
route d'Auray   Camors Tél.02.97.39.28.64

En entrant dans le magasin portant l'enseigne « Au Sabot Camorien »,
 le visiteur découvre des montagnes de sabots à porter,
de chaussons, de sabots de décoration, de cadeaux souvenirs,
d'articles en cuir...
 Une vraie caverne d'Ali Baba remplie d'articles fleurant bon le bois
et le cuir, sur fond de bonne odeur de sciure de bois fraîchement travaillé !

Camors a compté jusqu'à 77 sabotiers
Claude Simon est l'un des trois derniers sabotiers de Bretagne
(les deux autres étant à Riec sur Belon et Belle-Ile-en-Terre).
 A 55 ans, aime partager avec sa clientèle et les visiteurs de passage sa passion pour un métier que lui a appris son père :
"Il n'y a ni apprentissage, ni diplôme pour être sabotier.
Je ne peux donc même pas prendre un jeune
qui serait intéressé par le métier.
Mon père ne voulait pas que je sois sabotier, j'ai donc dû me débrouiller ! .

  Claude et sa femme Sylvie sont particulièrement satisfaits d'avoir su répondre à la demande et effectuer le choix du sabot à chausser.
 « Le sabot a longtemps eu une image négative. Actuellement, les acheteurs sont surtout des personnes qui ont de la terre,
qui recherchent un chaussant confortable pour leurs pieds. »
 Camors a compté jusqu'à 41 sabotiers en 1921, 77 en 1936, 72 en 1946, 6 en 1976,
et un seul depuis de nombreuses années, Claude Simon.

Les  bienfaits du sabot.
Le sabot s'est même taillé une petite place dans l'histoire :
le 26 mai 1846, Louis-Napoléon Bonaparte s'était évadé du fort de Ham en sabots, pour avoir l'air d'un ouvrier maçon et passer inaperçu !
Le sabot a toujours figuré en bonne place à travers les âges, mais surtout au début du XXe siècle,
 dans de nombreuses publicités concernant la santé : contre le froid, la neige, la boue glacée, la pluie, l'humidité et la maladie.
 « Il n'y a pas d'âge pour porter des sabots. Ce qui est sûr, c'est qu'un client qui se sent bien dans ses sabots,
 le fait savoir autour de lui.
Un bon sabot doit répondre simultanément à trois qualités : solidité, beauté et confort. »

Claude et son épouse Sylvie.

Un retour à la mode ?

Le sabot est fabriqué en bois dur, surtout en hêtre de la région, des hêtres de talus de préférence, qui sont plus lourds, plus résistants.
 « C'est un bois qui se tourne bien. Il est possible d'en fabriquer aussi en noyer et en sycomore, mais c'est plus rare.
 En Bretagne, on a de la chance, on a du bon bois, analyse le sabotier. Je n'abats pas mon bois,
 je me le procure auprès d'artisans forestiers du coin.
 Le morceau de bois prévu pour un sabot pèse 4, 700 kg, qui se réduisent à 800 g une fois le sabot taillé et humide,
pour arriver à 480 g après une nuit de séchage ! »

« Les personnes qui n'aiment pas les sabots sont celles qui en ont porté pour aller à l'école.
Elles ont souvent été traumatisées par des sabots inadaptés à leurs pieds.
Mais les habitudes et les modes évoluent.
Il y a désormais de plus en plus de jeunes qui trouvent ce chaussant très pratique.
 Ce sont même d'excellentes chaussures de sécurité, pour tondre la pelouse par exemple

Claude Simon a su évoluer pour répondre à des demandes précises.
« Pour le spectacle du Puy du Fou, les acteurs souhaitaient des sabots à porter sans chaussons.
Tous les acteurs en sont désormais équipés. »

« Le sabot, c'est comme la coiffe bretonne, chaque terroir a ses caractéristiques.
 Le bois permet de savoir de quelle région vient le sabot.
 Le nez, le terroir et le dessin indiquent quel sabotier l'a fabriqué ! »,
conclut l'artisan.

Ouest-France du 18.8.11



L'histoire de sa " petite entreprise "

1982
Claude Simon et le sabot, c'est une  histoire qui démarre en 1982.
Après 34 ans passés dans son atelier de  sabotier - une cabane plutôt -
Émilien, son père, prend sa retraite.
Le fils est alors ouvrier dans une tôlerie de précision, mais il rêve de reprendre l'affaire paternelle.
« Mais lui ne voulait pas. Quand il a su mon projet, il m'a dit : il y a  des machines, tu te débrouilles. »

 Au village, le nombre de sabotiers  fond comme neige au soleil.
Le métier disparaît peu à peu mais Claude est têtu. Le sabot, c'est son truc. Il se lance.
« Au début, tout le monde disait : il  est fou celui-là. Trente ans après, je  suis toujours là ! .>

1986
En 1986, Claude  franchit la porte d'une cordonnerie.
 La vendeuse s'appelle Sylvie. C'est le coup de foudre.
 « Je suis tombée amoureuse du sabot et du sabotier », plaisante Madame
Le couple se complète. Il trouve se la clé de la réussite :
« Savoir-faire, or savoir vendre et savoir gérer. » Les petits commerces disparaissent ?

1991
Les Simon ont la parade : « À partir de 1991, on s'est mis à vendre nous-mêmes. >»
« On n'a pas peur de l'avenir »
Les tourtereaux s'installent dans un magasin flambant neuf, route d'Auray.
A l'atelier, ils se partagent le travail. « Je fais les cuirs et les dessus sur les sabots.


 Mon mari fait !e bois et la peinture », glisse Sylvie.
Les sabotiers qui ne font que dans le souvenir mettent un par un la clé sous la porte ?
Claude et Sylvie misent sur l'utilitaire :
 « Les gens qui ont l'utilité du sabot continueront à venir nous voir".
Les Simon ont le nez creux et le sens des affaires.
Puy-du-Fou
 Ils décrochent un contrat juteux, celui du Puy-du-Fou.
« II y a 800 à 900 figurants. On est content d'avoir ce marché. »
Un contrat qui leur assure l'avenir.
 « Bizarrement, aujourd'hui, on est moins anxieux qu'en 1982 » constate Claude Simon.
 Et la relève ? « J'ai 56 ans. Mon fils en a 20. S'il a envie de reprendre l'affaire , il viendra. Sinon ce n'est pas grave..."

Ouest-France du 13.2.12



Pour faire connaissance:
En  été , Claude Simon explique devant le public, chaque jeudi, en juillet et en août,
comment il fabrique des sabots ,à partir de grumes de hêtre.
 Certains jours d'autres artisans l'accompagnent...
Renseignements au 02 97 39 28 64

Pratique
Début de la Fabrication à  à 18 h,
durée 1h30 environ.
Possibilité de stationnement à proximité.
 Tél. 02.97.39.28.64.


 (Sources :  Wikipedia , Ouest France , le Web)