Les Pierres Plates  
et la guerre....

 ou quand , en 1943,elles ont failli être transformées en blockhaus
!

Source: le journal" Ouest-France" du lundi 19 juin 2006.

1943 : les Pierres plates menacées Pierre Godec, ancien résistant, se souvient :
 pendant la construction du mur de l'Atlantique un officier allemand souhaitait détruire le dolmen.

 Georges Mousset , membre de la Société d'histoire et d'archéologie du pays de Lorient.
« C'est une information inédite. En 1943, le dolmen des Pierres plates a été sérieusement menacé de destruction pour servir à la construction des fortifications de l'armée allemande. »

 Pierre Godec, ancien combattant résistant raconte.
 En 1941, démobilisé après avoir vécu le bombardement de Mers-el-Kébir, l'ancien marin est réquisitionné dans le cadre du service du travail obligatoire au chantier de la pointe de Kerpenhir. Il a alors 21 ans. On bétonne dur sur le littoral. La côte devient zone interdite.

La pointe de Kerpenhir interdite.
 Un poste de contrôle est installé au Chat noir.
 À Kerpenhir, deux blockhaus vont être construits de chaque côté de la pointe pour commander l'entrée du golfe.
Un troisième situé sur les arrières, derrière l'actuel parking, est à quelques mètres du sémaphore qui sert de garnison.
Des dizaines d'ouvriers français, de Saint-Philibert, Crac'h ou Locmariaquer, travaillent sur le chantier :
 « des coffreurs, des maçons, tous les corps de métier. »
Un bulldozer remonte du sable et du gravillon de la plage.
Un concasseur est installé devant l'actuel belvédère. Sur celui-ci, construit sur un fort Vauban arasé, une maison de douanier est détruite.
 Mécanicien dans la Marine nationale, Pierre Godec est affecté à la conduite de la bétonnière.
Les contremaîtres de l'organisation Todt, qui dirigent les constructions, ont besoin de pierres. Les fortifications nécessitent des volumes énormes de béton.
Avec les pierres de la maison du douanier, les murets des champs des alentours sont utilisés.
Mais les techniciens allemands trouvent ces matériaux de piètre qualité, trop peu dur, trop friable.

Mieux que le béton!
« Le béton était peu résistant, ce qui était préjudiciable pour des ouvrages prévus pour résister aux bombardements », explique Georges Mousset.
De la pierre d'excellente tenue est à disposition non loin, celui des Pierres plates.
Le dolmen construit vers 3 000 avant notre ère est un des plus beaux exemplaires des tombes mégalithiques « coudées » du littoral morbihannais : avec une partie terminale de sept mètres, une vaste chambre funéraire très allongée. « Il est constitué de roches dures, de l'orthogneiss, qui proviendraient de carrières situées près d'Auray. »

Elles ont résisté à plus de 3000 ans alors...

En 1943, Pierre Godec et ses compagnons apprennent le projet d'utiliser les Pierres plates de la bouche d'un officier qui contrôle les travaux.
« Un chemin de fer avait été installé jusqu'aux Pierres plates. C'était facile de les utiliser », explique Pierre Godec.
 Quelques jours plus tard, sur le chantier, imprudence de sa part, le militaire est sérieusement blessé dans un accident. Évacué, il ne reparaîtra plus.

A suivre...
Après diverses péripéties, Pierre Godec rejoint un maquis en Ille-et-Vilaine, avant d'être affecté en 1944 au 2e bataillon FFI. C'est en janvier dernier, lors d'une assemblée générale de l'association des anciens du bataillon que Georges Mousset, qui aime enquêter sur des faits de guerre, rencontre l'ancien combattant. « Ce sont ces histoires qui permettent de comprendre la grande histoire », glisse le passionné de recherches. Il lui reste à retrouver la trace de l'officier allemand. Un de ses amis a un correspondant Outre-Rhin. Georges Mousset se promet de poursuivre la piste.

Pratique.
Le document réalisé par Georges Mousset est publié sous les auspices de la Société d'histoire et d'archéologie du pays de Lorient.

barremarron.jpg (789 octets)