Les Pierres Plates
Cet ensemble remarquable est libre d'accès
et se situe au bord de la plage de " La Falaise"
à environ 1500m au sud-ouest du bourg
à l'extrémité d'une promenade
réservée aux piétons.
Il est situé sur une pointe de terre qui s'avance dans la mer en face de
l'îlot de Méaban.
Son accès est libre depuis qu'en
1892:
année où elles furent
cédées par l'Hospice
d'Auray à l'État pour la somme de 600 francs
L'ensemble est imposant vu d'en haut...

Ce que l'on aperçoit lors qu'on le découvre

Le toit de la chambre et sa vue sur l'océan:
au loin Méaban
ou
si vous voulez consulter
une petite vidéo :
cliquez
Description :
L'allée de 26 m du nord au sud
: d'abord orientée sud sud-est la galérie
s'infléchit vers le sud sud ouest en formant un angle de 45°;
sa largeur moyenne est de 1.50m
Le monument complet devait comporté
70
blocs de granit(aujourd'hui 50):
38 menhirs supports,
12 tables de recouvrements
toute la partie terminale (7m de long) représente une vaste chambre
funéraire très allongée,
elle est séoarée de l'allée par une haute pierre formant cloison;la
dalle qui la recouvre mesure 7,5m x 2.50m x 0,70 et pèse 23
tonnes

Plan de l'ensemble
le premier tiers de la galerie, un peu plus étroit et oblique par
rapport à la chambre, correspond au couloir d'accès,
aux Pierres-plates, un petit "cabinet" latéral,
rectangulaire(2.80mx1.40m) qui s'ouvre sur l'allée en se greffant au creux du coude de
la structure principale.
Par comparaison avec le monument quasi-intact de Gâvres, on peut
penser que l'ensemble de la galerie n'était protégé que par un tertre
modeste, mais comportant un noyau pierreux important.
Comme dans les autres tombes de ce type, les parois sont "mixtes", avec
d'étroits panneaux maçonnés entre les piliers mégalithiques.
La couverture est assurée par une succession de petites dalles étroites
en granite (beaucoup ont dû être remplacées).
La dernière, plus
importante et en orthogneiss,(2) qui a sans doute été récupérée sur
quelque monument alors déjà ruiné.
Le tertreindécis qui englobe actuellement cette tombe est très
largement dû à Z. Le Rouzic qui la restaura en 1931.
Quant au "menhir indicateur" qui se dresse à l'entrée,

Il s'agit d'un
bloc qui gisait devant le monument et fut érigé là par le restaurateur.
On ignore son rôle originel dans la structure mais
on peut constater que
sa face orientale porte de nombreuses cupules.
Photo montant l'état de ce site avant sa restauration par Z. Le Rouzic:
est-ce la pierre en premier plan qui a été relevé comme on le prétend?
Les fouilles
Ce monument fut exploré dès 1813 avec des résultats décevants en raison
de perturbations anciennes:disparition du cairn (1)
Cependant, les fouilleurs notèrent que de nombreux piliers étaient
décorés, ce qui donna lieu au premier véritable relevé d'art
mégalithique dans la région, publié par A. Maudet de Penhouet dès 1814.
Plusieurs pierres présentent des gravures que certains assimilent à des
" poupes" d'autres à des "idôles sans têtes "ou à "épaules saillantes"
C'est ce décor, réétudié à maintes reprises mais quelque peu mutilé
depuis (un panneau majeur au moins a disparu), qui a permis de définir
le "style des Pierres-plates" caractéristique des tombes en équerre
morbihannaises.

Lexique:
(1)Cairn
Nom donné à la masse monumentale recouvrant une tombe lorsqu'elle est
essentiellement constituée de pierres.
(2)Orthogneiss:Roches résultant du métamorphisme d’un granite préexistant. Grenues, à
grain fort et plus ou moins feuilletées, elles donnent de très beaux
blocs d’affleurement qui ont été très recherchés par les bâtisseurs de
mégalithes, notamment à Locmariaquer.
(3)Tertre:Nom donné à la masse monumentale recouvrant une tombe lorsqu'elle est
essentiellement constituée de terre
Et pour la petite histoire,
ces pierres plates ont failli être transformées en blockhaus
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